Musimbi Kanyoro Convertir en PDF Version imprimable
En Afrique, « berceau de la civilisation », la proportion de personnes vivant avec moins de 1 $ par jour est la plus élevée au monde. En l’espace de dix ans, plusieurs millions de personnes se sont encore plus appauvries à cause des guerres, des conflits, de la sécheresse et de la stagnation économique.

En Afrique sub-saharienne, la prévalence du VIH et du SIDA et le nombre de décès dus à la malaria sont les plus élevés au monde. Les enfants de moins de cinq ans meurent de maladies qui pourraient être soignées, souvent à cause de la malnutrition et de l’absence de soins médicaux élémentaires.

Des milliers d’enfants sont recrutés et utilisés comme soldats, combattants dans les guérillas, porteurs, espions, esclaves sexuels et même comme commandos suicides dans les conflits congolais, éthiopiens, ougandais et soudanais. Près d’un tiers d’entre eux sont des filles.

La dégradation environnementale, la pollution de l’eau et les pénuries alimentaires viennent alourdir la liste de ces malheurs. Selon le dernier rapport sur les Objectifs du Millénaire pour le Développement (2007), une seule région dans le monde est « en voie » d’atteindre tous les ODM et « les problèmes qui avaient été projetés sont plus sévères encore en Afrique sub-saharienne ».

Que s’est-il passé ? Pourquoi n’y a t’il pas suffisamment de ressources dans le monde pour s'attaquer à ces violations fondamentales des droits de l'homme ? Comment la communication peut-elle contribuer au changement ?

Premièrement, si les gens pouvaient communiquer leurs besoins et leurs inquiétudes, ils auraient davantage de chances de mobiliser les soutiens. La communication véritable commence par le dialogue.

Deuxièmement, si les gens avaient la possibilité d’accéder à l’information et d’échanger les connaissances, ils pourraient devenir solidaires et partager les modestes ressources dont ils disposent.

Troisièmement, si les gens s’émancipaient grâce à une communication participative qui contribuerait à renforcer la communauté et à améliorer la compréhension mutuelle, ils seraient plus enclins à travailler afin d’induire les changements drastiques requis pour transformer l'Afrique.

L’Afrique est un continent vibrant et moderne qui doit communiquer sa confiance en lui. Les personnes qui travaillent dans les mass média et les média communautaires doivent diffuser des images et des histoires positives, et jouer un rôle affirmatif de façon à promouvoir la paix et la réconciliation.

C’est la raison pour laquelle le Congrès de la WACC, sur le thème « La communication, c’est la paix : bâtir des communautés durables. », revêt tant d’importance. Nelson Mandela, ce grand président d'Afrique du Sud, rappelait dans son discours du prix Nobel de la paix qu’il est important de « démontrer, dans la pratique, que la condition normale de l'existence humaine est la démocratie, la justice, la paix, le non racisme, le non sexisme, la prospérité pour tous, un environnement sain et l’égalité et la solidarité entre les peuples. »

Ces valeurs s'inscrivent au cœur de la mission de la WACC et sont mises en relief dans le thème du Congrès 2008 « La communication, c'est la paix ».

Musimbi Kanyoro, président de la WACC